La céramique

Les processus de création des mes sculptures en céramique (grès ou faïence) est le plus fruste et le plus humble qui soit : un sellette, un outil en bois, la main et la terre seuls interviennent.

Lors de ce travail je retrouve les sensations immédiates de bonheur de l’enfance. Le lâcher-prise qu’apporte ce matériau est irremplaçable. La glose sur ce sujet est abondante et les ateliers de céramique font le plein ces dernières années, mais à raison : rien de remplace l’expérience effective de ce retour à l’essentiel.

Pourtant, là encore, le travail du créateur dans la terre ne se fait pas – pour ma part – dans la fluidité et l’aisance. Il relève de l’ascèse. Le poids de l’urgence et de la lutte contre la dessiccation inexorable du matériaux pèse sur lui à chaque instant et appelle incessamment l’artiste à son oeuvre.

 

L´ébauche

L’ébauche de toute sculpture en céramique consiste en la création de la forme générale. La structure doit etre juste et saine. Epaisseur des parois, section des volumes. Dès cette étape, l´artiste sait s’il peut aller de l’avant ou s’il doit affiner l’idée et remettre en question la pertinence même du projet. Chaque matin, à cette période, lorsque je découvre mon oeuvre, je guette l´émotion du premier regard.

Le modelage

C’est l’étape du technicien. Former les visages, dessiner les muscles, percer les yeux, creuser les mèches… Une multitude de guides de bonnes partiques existent pour chacun de ces gestes. Le sculpteur, tel le funambule, progresse sur la sente étroite qui mène de l’idée à l’oeuvre. Il tente de ne verser ni dans l’invraissemblance impardonnable, ni dans l’archétype froid.

Les finitions

Lisser, polir ou au contraire, renforcer la trace du travail et de l’outil. Ce travail de finition sur les sculptures en céramique influence radicalement le rendu final et l’effet que produira l’oeuvre. C’est le moment où l’artiste choisit de s’inscrire dans une tradition  plus ou moins contemporaine.

La cuisson et la patine

L’oeuvre est confiée au four et au travail du feu. En deça ou au delà de 1000 °C, la nature est seule maitre dans cette étape. Leçon d’humilité pour l’artiste. Qui n’a pas tremblé en ouvrant la porte de cette étuve infernale ? Encore tiède, l’oeuvre révèle enfin son grain et sa couleur. Patine, cire, mise en couleur à l’acrylique, émaillage… je choisis en général la sobriété ou le naturel pour l’aspect définitif.